LAUZERTE (82) le 17 octobre 2026
Lauzerte (82) 17/10/2026. 14 randonneurs, dont le jeune Martin, 16 kms environ, dénivelé positif 330m.
Il est 9h30. Nous voici à l’approche du village de Lauzerte, et déjà, de notre voiture encore dans la plaine, nous l’apercevons, perché en majesté sur sa colline, ancien oppidum gaulois.
L’Histoire, rapportée par la mairie, nous dit « qu’aux alentours de l’an mille, le lieu de Lauzerte, dominant les vallées de la Barguelonne et du Lendou appartient à l’évêque de Cahors, qui le cède ensuite aux seigneurs locaux : les familles de Castanier de Hautcastel, et la famille de Rozet. Puis, à la fin du 12e siècle, ces derniers décident de donner la hauteur de Lauzerte au comte de Toulouse, Raymond V, qui cherche à établir des bastions pour protéger ses territoires. Il fait bâtir le château qui marque le point de départ de la cité médiévale, où se regroupe les populations alentours. Pour le comte de Toulouse, c’est une opportunité : non seulement cela permet de protéger le territoire, mais aussi de percevoir des impôts. Les avantages sont multiples pour la population qui trouve protection, accès aux soins, cohésion sociale et entraide. Les villes ainsi développées, que l’on appelle « Castelnau » de l’occitan « château neuf » sont des modèles économiques rentables qui seront repris plus tard sous forme de bastides. Après le 12è siècle, Lauzerte se développe rapidement. La ville se munit de remparts, les faubourgs et quartiers des tanneurs progressent à flanc de coteau et une deuxième série de remparts protège l’ensemble. Enfin, au fil du temps, trois facteurs ont contribué à l’épanouissement économique de la ville : la halte sur le chemin de St Jacques de Compostelle développé depuis le 12e siècle, la sénéchaussée, c’est-à- dire l’ancien tribunal, qui juge les affaires en appel depuis le 14e siècle et les marchands négociants en grains qui s’enrichissent grâce au commerce avec la ville de Cahors. »
La cité médiévale, classée parmi les Plus Beaux Villages de France, possède de belles traces du passé. « Son nom actuel, nous dit la mairie, date de l’an mille. Tiré du latin « lucerna », lampe, il désigne une position idéale, visible de loin, comme une lumière. » C’est bien ce que nous ressentons à son approche, malgré un ciel quelque peu nuageux.
Alors, une fois réunis sur le parking dans la partie basse de la cité, Michèle nous livre quelques éléments sur les aspects de cette cité dont nous sommes impatients de découvrir les nombreux mérites. Ainsi, elle est reconnue pour la qualité de son bâti ancien, visible dans les nombreuses traces de son passé médiéval. Elle offre aussi différents points de vue qui permettent de jouir d’une vue étendue sur la campagne. Sandra, quant à elle, nous parle des fameux macarons de Lauzerte, connus internationalement, paraît-il. Pour beaucoup d’entre nous, cette information est aussi une découverte.
Dès lors il faut monter jusqu’à la Cité et, vers 9h45, nos mollets entament sans barguigner l’escalade des marches qui nous mènent jusqu’à la rue des Tanneurs, puis affrontent la pente qui accède à la place de la Barbacane. L’évocation de ces deux lieux permet d’indiquer ici que le village est présenté en « Faubourgs », d’où nous montons, et dont fait partie la rue des Tanneurs, et en « Cité médiévale », à laquelle appartient la Barbacane, ouvrage militaire qui protégeait la porte d’Auriac des assauts du faubourg. La Barbacane est aujourd’hui une « esplanade artistique et poétique » qui offre aussi une vue magnifique sur la plaine.
Le parcours d’interprétation du Patrimoine de Lauzerte propose un circuit de 21 étapes dont 14 dans la cité médiévale et 7 dans les Faubourgs. A défaut de pouvoir les commenter ici, citons celles qui nous ont marqués : les halles et la Place des Cornières avec son coin relevé, création d’un artiste en 1987 ; l’Hôtel de ville ; l’église Saint Barthélémy ; la Grand’rue bordée de maisons de marchands en pierre de taille blanche datant des 13è et 14e siècles, comportant de belles ouvertures en ogives, des fenêtres géminées ou à meneaux ; l’Hôpital Notre-Dame ; la Brèche. Caractérisés par de lumineuses façades en pierre calcaire, la cité et les faubourgs présentent une multitude de détails artistiques : la quinzaine d’enseignes originales en fer forgé : enseignes de bistrots, le coq et le chat(vétérinaire), un homme et un compas (géomètre), un scribe (notaire), la girouette de l’office de tourisme, les 3 capucins, rue de la Barbacane. Remarquons aussi les plaques de rue en céramique, les diverses sculptures, notamment une vasque comportant un arbuste formé de fers à cheval savamment agglomérés, un arbre en tiges fines de fer avec ses feuilles colorées…
Nous en prenons plein les yeux, mais après avoir parcouru la Grand’rue jusqu’à La Brèche et L’Hôpital, nous quittons la Cité vers 10h30, pour embrasser la campagne par le Chemin de Frescatis qui y descend.
Ici commence notre marche dans un milieu ouvert, tantôt traversant des champs, tantôt longeant une longue route bitumée, le tout sans attrait particulier, à part l’effet d’un crachin (quel bel attrait ! vive la Bretagne !) qui, vers 11h45, nous contraint à revêtir nos capes ou autres K-Way pendant un bout de temps.
Ce n’est qu’à l’approche de la pause méridienne que nous nous trouverons un décor plus profondément campagnard, non sans avoir aperçu non loin un pigeonnier, et le cimetière d’un village installé à l’écart dans un champ, étonnante structure dans le paysage !
Il est 12h45, et nous avons parcouru environ 9km. Il ne pleut plus quand, au bord d’un chemin étroit, nous trouvons le lieu idoine pour nous sustenter. Des pierres moussues nous offrent une sorte de banc pour nous asseoir et un tapis de feuilles mortes pour orner le décor de cette salle à manger improvisée. Alain, notre Vénéré et Dynamique Président, en profite pour nous faire quatre annonces : un week-end raquettes envisagé au mois de mars 2027 à Saint-Lary, toutefois sans fourniture de repas pour le dimanche midi : une solution de substitution devra être trouvée ; une semaine randonnée en préparation : destination La Baule-Les-Pins, Loire-Atlantique, en juin 2027 ; pour le voyage en Suisse prévu du 19 au 26 mai 2027, date de clôture des inscriptions repoussée à fin novembre, avec une réduction de 50€ sur le prix du voyage, (car à l’instant seules 7 personnes inscrites sur 21 attendues) ; enfin la préparation, à horizon de septembre/octobre 2027, d’un voyage de 10 jours en Croatie, pour 21 participants attendus ( devis en cours auprès de 3 agences).
Cela dit, nous reprenons nos bâtons de marche vers 13h45 par ce chemin étroit en sous-bois. Il aboutit à un carrefour où une grande et belle maison isolée fait l’objet de quelques commentaires notamment sur cet isolement. Le chemin, désormais ouvert, nous fait remonter fortement sur des espaces eux aussi plus ouverts. Vers14h35, au 13e km, nous marquons une pause. Lauzerte est en vue dans un petit lointain. Sans être ensoleillé, le temps est légèrement meilleur.
Poursuivant notre chemin, nous abordons enfin la route qui nous mènera jusqu’à Lauzerte. Des poivrons rouges longs, pris d’abord pour des pigments, mais rapidement requalifiés de poivrons par Martine, à juste titre, sont cultivés dans un champ en bordure de route. Ces champs passés, Alain nous invite à traverser la route pour emprunter la pente herbeuse qui monte en direction du village. C’est « la pente qui tue », osons le dire, car forte d’un taux de 15% ! Après une brève halte de récupération, nous rentrons dans la Cité où nous attend l’établissement qui nous permettra de goûter à quelques rafraichissements ou autres breuvages en récompense de nos efforts.
Après cette pause conviviale, Denis nous fait descendre vers le parking par un chemin non encore emprunté, à travers les faubourgs.
Parvenus en bas, nous jetons un œil curieux sur la vitrine d’un magasin d’exposition de photos et objets divers. L’hôtesse des lieux nous invite à y entrer et nous présente les éléments exposés : un grand parterre de maquettes des différents pigeonniers de la région, exécutées par un ancien officier de l’armée par passion ; des photos au mur représentant des vues et des personnages de Lauzerte. Y figure en particulier celle de Madame Paulan, détentrice de la recette secrète des macarons (Sandra vite !) mais, aujourd’hui, celle-ci n’est pas détenue par un boulanger mais par un charcutier-traiteur dont le magasin est fermé ce jour ! Quel dommage ! pas moyen d’en acquérir ! A ce propos encore, il est dit que Louis XIII, séjournant dans la région, se faisait déjà livrer ces macarons par un cavalier chaque jour ! L’hôtesse nous fait découvrir aussi des objets particuliers anciens, peu connus, originaux : une engrunette, sorte de moulin/scie servant à dépiauter les grains de maïs ; et en cuisine : une poêle à châtaigne fermée, préservant la douceur et la saveur du fruit en cuisant ; un bol à soupe en faïence, fermé par un couvercle, pour le repas de l’agriculteur dans le champ ; une bouteille de bière à l’enseigne d’une fabrique locale ; une flasque pour servir le Byrrh ; une bouilloire de bistrot ; un appareil à faire des gaufrettes ; un autre pour faire cuire le lapin ; une baratte, mais ça c’est plus connu.
Enfin, clou de la visite, clin d’œil inattendu en ces moments où l’école fait l’actualité, visite d’une classe à l’ancienne des années 1950/1960 comportant des bureaux d’époque, avec encriers, encre à disposition, plumes, tableau noir, bonnet d’âne, et à titre d’expertise, proposition d’écriture à la plume de sergent-major, sur modèle de lettres avec pleins et déliés. Sur ce point, le jeune Martin n’a pas hésité à répondre à l’invitation pour l’exercice et, malgré son inexpérience en la matière, il s’en est fort bien tiré sous l’œil attentif et admiratif de tous et en particulier de ses grands-parents.
Après quoi, et une fois l’Hôtesse remerciée, nous regagnons nos véhicules garés non loin pour partir sur Toulouse où nous parvenons vers 18h15.
D’ici la prochaine rando du 7 novembre, portez-vous bien !
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